BOULANGER Théodore Marceau alias "Gaston"
Résistant FTP détachement Valmy
par Jean-Pierre Besse et Jean-Yves Bonnard
Fils de Vincent Arthur Boulanger, ouvrier carrier, et de Virginie Marie Thomas, Marceau Boulanger naît le 21 mars 1898 à Saint-Vaast-lès-Mello dans une famille nombreuse. Il commence à travailler dès l'âge de treize ans, d'abord comme ouvrier maçon puis comme ouvrier carrier. On le note aussi chauffeur de chaudière.
L'ancien combattant
Combattant de la Première Guerre mondiale, il sert à partir du 18 avril 1917 dans le 9e Génie, puis le 19 juin 1918 dans le 4e Génie. Il passe ensuite au 1er Génie et devient maître ouvrier le 23 octobre 1919. Il est renvoyé dans ses foyers le 22 mai 1920 muni d'un certificat de bonne conduite. Cité à l'ordre des troupes du Génie, il recevra la Croix de Guerre avec étoile de bronze, la médaille commémorative de la Grande Guerre et la médaille de la Victoire.
Placé dans la réserve, il poursuivra sa spécialisation dans le maniement des matières explosives.
Le militant communiste
Marceau Boulanger adhère au Parti communiste dès 1920 et milite syndicalement, ce qui l'oblige à quitter Saint-Vaast-lès-Mello au début des années 1930 pour aller travailler à Soissons.
De retour à Saint-Vaast en 1932, il travaille dans diverses entreprises métallurgiques du Bassin creillois (Wallut, Brissonneau, Forges) avant de retrouver, au moment du Front populaire, du travail dans les carrières.
Il est noté demeurant à Laconin et Breuil en 1923, à Saint-Vaast-les-Mello en 1924, à Vénizel (près de Laon) en 1929, à Bazet (près de Tarbes) en 1935, à Saint-Vaast-les-Mello en 1935 et à Montataire en 1938.
Le 26 août 1939, il est affecté par odre de la 2e Région Militaire aux Etablissements Brissonneau et Lotz pour une durée de trois moi puis est classé sans affection le 14 octobre 1939. Il travaille alors dans le chantier des carrières Civet.
Dans le groupe FTP Valmy
Marceau Boulanger est, comme un certain nombre de militants communistes du bassin creillois, convoqué par la police en décembre 1940. Il entre dans la Résistance en septembre 1941 après une entrevue avec André Germain. Jusque-là, il se livrait seul à des actes de sabotage sur le matériel de la SNCF (coupure de tubes mneumatiques des freins de wagons). Devenu FTPF, il participe au recrutement en triangle (chaque nouvelle recrue doit trouver deux autres personnes). Il participe à la diffusion de propagande antinazie et antivichyssoise (tracts, journaux) transmis pas Marcel Deneux depuis Paris.
Il assure la fourniture de matières explosives aux premiers groupes de résistants communistes en s'emparant de ces produits dans les carrières où il travaille. Les rapports de gendarmerie signalent en effet plusieurs vols entre octobre 1941 et avril 1942.
L'une des actions phares est le vol de 95 Kg de poudre et de nombreux détonateurs dans les chantiers Fèvre à Saint-Maximin. Ses connaisances d'artificier lui permettent de fabriquer artisanalement des engins explosifs. Il exécute aussi des déraillemets, des incendie de dépôts de fourrage et le sabotage de machines à battre.
Il devient l'un des responsables du détachement FTP Valmy, le plus nombreux et le plus actif du département, avant de se voir confier des responsabilités départementales et interrégionales au sein des FTP.
L'interrégional
Durant cette période, Marceau Boulanger subi 9 perquistions à son domicile par le SD de Creil et la police de Vihcy. Il échappe à une arrestation, le 23 septembre 1943 au cours de laquelle son frère Hervé est arrêté (ce dernier décède en déportation). Il entre alors en clandestinité et se réfugie pendant quelque temps à la ferme des Bocages où sont regroupés des réfractaires au STO.
Devenu responsable technique départemental, en juin ou novembre 1943 (les sources divergent), Marceau Boulanger, il a en charge la répartition des armes et de la fabrication d'engins explosifs, ce qui l'oblige à voyager dans tout le département de l'OIse.
En février 1944, il est nommé interrégional technique de l'inter 27. Il assure le même rôle auprès des chefs de détachements sur six départements: la Somme, l'Oise, l'Eure, l'Eure et Loir, la Seine Inférieure et le Calvados. Il transite d'abord en chemin de fer puis à vélo.
Chaque semaine, une réunion du PC se tient dans un lieu différent de l'Oise, sous la direction du commandant Lagarigue, alias Yves. Il s'agit alors de rendre compte des actions, de la marche des détachements et de recevoir des tâches pour la semaine suivante.
L'intense recutement consécutif au Débarquement en Normandie permettra de porter les effecttifs FTPF à 5000 hommes environs sur les six départements. Les actions sont aussi amplifiées notamment contre les convois allemands.
Les fils de Marceau Boulanger, Martial et Roger, ont aussi participé à la Résistance.
L'après-guerre
A la Libération, Marceau Boulanger est quelque temps membre du secrétariat départemental du Parti communiste (jusqu'à l'été 1945) et devient responsable des Amis des FTP lors de leur constitution en mars 1945.
Nommé conseiller municipal à Montataire, réélu en 1945 et 1947, il démissionne en décembre 1951. Cette démission est sans doute à mettre en rapport avec la crise qui secoue alors le Parti communiste oisien. Certaines sources affirment qu'il est alors exclu.
Marceau Boulanger est mort à Nogent-sur-Oise (Oise) le 17 juin 1981 et a eu des obsèques civiles.
Sources :
AD Oise, 33 W 8 250 - AD Oise, 138 W 1 112, Rp2009 - Le Travailleur de l'Oise, 1944-1948, quotidien - Fonds Xavier Leprêtre - Témoignage : Archives Jean-Pierre Besse, Boulanger Marceau (épouse de), 25 avril 1984, enregistrement cassette audio.