Fonctionnaires

Fonctionnaires

BABIN Jean Eugène

Inspecteur d'académie de l'Oise de 1941 à 1942

par Jean-Yves Bonnard

 

Né le 26 février 1905 à Montfaucon-en-Argonne (Meuse), marié et père de quatre enfants, cet agrégé de grammaire est professeur de collège de 1927 à 1929, professeur de lycée de 1929 à 1941. Il est nommé inspecteur d'académie en 1941. Il habite au Mont-Saint-Adrien (Saint-Just-des-Marais). Il quitte le département le 31 octobre 1942, remplacé par Gabriel Guignon.


Sources

AD Oise 33W8241


BALDEYROU Jacques Joseph Benjamin alias Bill

Chef de cabinet à la préfecture de l’Oise

Résistant du réseau F2

par Jean-Yves Bonnard, notice mise à jour le 19 février 2025


Un brillant étudiant

Né le 22 décembre 1919 au n°11 rue de l’Odéon à Paris (11e), il est le fils du pharmacien Joseph Baldeyrou (1873-1929) et de sa seconde épouse Germaine Leroy (1898-1931). A la mort de cette dernière, il est placé sous la tutelle de sa tante Françoise jusqu’en 1936 puis de sa tante Théo jusqu’en 1940.

Pensionnaire au collège d’Orange, étudiant à la faculté de droit en 1937, bachelier en juillet de l’année suivante, il est élève de l’Ecole libre des sciences politiques. Licencié en droit, il est diplômé d’études supérieures de droit administratif et d’études supérieures d’économie politique. Maître d’internat à partir du 5 novembre 1938, d’abord à Vitry-le-François puis au lycée Hoche de Versailles, il est mobilisé dans l’artillerie puis dans l’infanterie du 8 juin 1940 au 12 août 1940. Démobilisé, il est versé dans les Chantiers de la Jeunesse n°5 bis du 12 août 1940 au 20 janvier 1941.

Le 15 octobre 1942, il est classé à la première place des admissibles au concours du chef de cabinet de préfet. Il n’est cependant pas admis à l’oral mais se voit offrir un poste de chef de cabinet auxiliaire. Il est nommé à la préfecture de l’Oise le 24 février 1943. Astreint aux lois sur le STO, il repasse le concours de chef de cabinet lors de la session spéciale de juin1943 et est inscrit sur la liste d’aptitude lors de la session normale d’octobre-novembre. 

Le 15 octobre 1943, il présente sa thèse intitulée L’Organisation corporatrice de l’agriculture, laquelle est publiée l’année suivante.


Le chef de cabinet du préfet de l’Oise

Le 17 novembre 1943, le préfet Georges Malick écrit une lettre de recommandation demandant sa titularisation : « C’est parce que je considère que M. Baldeyrou est appelé à fournir et à juste-titre une très brillante carrière, qu’il est pour notre administration une recrue de choix, que j’ai pu constater ses qualités exceptionnelles d’intelligence, de tact, de caractère, que j’ai pris la liberté de vous adresser cette note. Depuis plus de vingt ans que je suis dans la carrière, il ne m’avait pas été donné de rencontrer – sans aucune exagération – un collaborateur ayant un tel degré de réelles qualités de cœur, une telle puissance de travail un sens des nuances, une connaissance des hommes. De plus, d’excellente éducation, il a su rapidement acquérir une autorité incontestable tant sur son personnel que dans le département, sans jamais oublier - ce qui est malheureusement fréquent à cet âge – sa position de débutant et le côté délicat de ses fonctions. J’ajoute enfin que dans les relations qu’il a eues et qu’il a avec la feldkommandantur – encore récemment lors de cette si délicate opération de prélèvement de main d’œuvre pour la Somme – il a fait preuve d’une doigté exceptionnel avec une fermeté qui a largement contribué à dissiper une atmosphère qui tendait à devenir lourde, mais a permis d’éviter des mesures contre nos concitoyens, dont les répercussions auraient été graves et pénibles (…) »

Titularisé, Jacques Baldeyrou est nommé chef de cabinet intérimaire le 1er janvier 1944. Le 10 janvier suivant, le préfet Georges Malick porte le jugement suivant à son égard : « M. Baldeyrou est une recrue de qualité pour l’administration préfectorale, son excellente éducation, son intelligence, ses qualités de travail et d’assiduité, la maturité et l’autorité qu’il a su acquérir dans ce département, le doigté dont il a fait preuve dans ses relations avec les autorités occupantes lors d’une récente et délicate opération de main d’œuvre, non seulement motive sa titularisation (je regrette vivement qu’elle ne soit pas encore intervenue) mais encore le signalent dans les circonstances actuelles comme susceptibles d’occuper un autre poste plus important dans lequel, j’en suis certain, ses qualités ne pourraient que s’affirmer et se développer ».

Jacques Baldeyrou épouse le 16 mai 1944 Jacqueline Beaugrand (1915-2002), employée au ministère de la santé publique du 16 avril 1938 au 4 décembre 1941 puis au ministère de l’artisanat du 5 décembre 1941 au 28 mai 1944. Cette dernière a été internée à Fresnes du 8 juin au 28 septembre 1943 pour avoir stocké des tracts de la résistance dans son bureau au ministère.

Quatre fils naîtront de ce mariage : Alain, François, Pierre et Jean. Le couple demeure alors au n°54 rue des Acacias à Paris (17e).


Une mise en cause à la Libération

Selon le journal L’Oise libérée du 30 septembre 1944, Jacques Baldeyrou est révoqué et mis en état d’arrestation par le commissaire de la République Pierre Pène. Considéré comme « collaborateur notoire » par le préfet de la Libération Yves Pérony, il est arrêté le 1er septembre 1944 et conduit à la maison d’arrêt de Beauvais. Le 13 septembre suivant, le préfet écrit à son sujet : « Jeune fonctionnaire de la carrière, a fait preuve de qualités indéniables. Mais a affiché ouvertement ses sympathies vichyssoises. Il semble s’être livré à des dénonciations contre certains de ses collègues ». Cet arrêté préfectoral est confirmé par un arrêté du Commissaire de la République, Pierre Pène, en date du 18 septembre 1944.

Jacques Baldeyrou est par la suite interné au Centre de Séjour surveillé de Clermont. Le 30 novembre 1944, la Commission d’Epuration du Comité de Libération approuve à l’unanimité sa libération. Mais à l’issue d’une enquête très poussée de la commission de vérification des internements administratifs saisie le 1er décembre 1944, l’arrêté d’internement est confirmé le 12 décembre.

Il est alors pourtant établi que les accusations graves portées contre Jacques Baldeyrou par la rumeur publique  sont sans fondement. Le 20 décembre 1944, un arrêté du commissaire régional Pierre Pène rapporte les arrêtés des 1er septembre et 12 décembre et prononce la relaxe. La remise en liberté de Jacques Baldeyrou est effectuée le 20 décembre 1944 par arrêté du préfet Pérony. Il regagne alors son domicile parisien.


La face cachée

Durant le dernier mois de sa détention, les doutes concernant le fonctionnaire de Vichy vont être levés. Plusieurs témoignages démontrent son attitude de protection des habitants face aux exigences allemandes notamment lors du projet de réquisition de la main d’œuvre féminine pour travailler sur le site de Saint-Léger-aux-Bois. D’autres, apportent les preuves de son appartenance à la Résistance.

Une lettre du 27 novembre 1944 de la direction générale des services spéciaux atteste que Jacques Baldeyrou a fourni des renseignements militaires intéressants au service de renseignements interallié jusqu’au 1er septembre 1944.

Une attestation datée du 18 novembre 1944 des services de renseignement interallié indiquent que Jacques Baldeyrou y est immatriculé sous le n°6088. 

Enfin, le 1er décembre 1944, le capitaine X, chef de groupe du réseau F2 de la Direction Générale des Services Spéciaux, apporte les preuves aux membres du CDLN que Jacques Baldeyrou appartenait à la Résistance sous le pseudonyme Bill. Ami d’enfance de l’interné, ce membre des services secrets avait rencontré le chef de cabinet du préfet de l’Oise en août 1943 et lui avait proposé le mois suivant de lui fournir des renseignements ce qu’il fait jusqu’à la libération.


Une courte carrière 

Envoyé en Allemagne au Commandement en chef français en Allemagne (CCFA) à Baden-Baden en 1945, il est nommé secrétaire général de la préfecture des Ardennes en 1951. Il décède dans un accident d’automobile le 18 novembre 1952 à Mézières. Le jour de ses obsèques en la basilique de Mézières, le préfet des Ardennes Maurice Daudin lui rend l’hommage suivant : « Celui que nous pleurons vient d’être brutalement arraché à l’affection des siens à un âge où, pleine de promesses, la vie lui souriait et lui promettait d’heureux jours… Jacques Baldeyrou était un homme jeune, ardent, enthousiaste, un fonctionnaire dont la courte mais brillante carrière faisait envisager le plus bel avenir… Au cours des 18 mois passés à la Préfecture des Ardennes, il avait affirmé ses qualités d’’administrateur et de grand travailleur qui lui avaient valu la sympathie de ses chefs, de ses camarade, de ses subordonnés ».

Jacques Baldeyrou est inhumé à Vauchassis (Aube).


Sources

FARCY Jean-Claude, Bibliographie des thèses de droit portant sur le monde du travail (1885-1959), in Recherches contemporaines n°1, 1993 – L’Ardennais du 21 novembre 1952. Arch. départ. Oise 34W9 – 116W11828 – 450W6745 ; SHD GR 16 P28933 - SHD/ GR P 28 4 414 176 ; Genweb.

Remerciements à la famille Baldeyrou.


BOIZARD Marcel

Résistant Police de Compiègne

par Marc Pilot


Né en 1917, pupille de la Nation, il combat courageusement en Alsace en 1940, obtenant la Croix de guerre avec deux citations. Il est capturé le 20 juin 1940, interné au Stalag VI J avant d'intégrer un kommando à Dusseldorf-Rath, en qualité d'interprète. Il s'évade le 1er janvier 1942, gagne Paris et est blessé  lors du passage de la ligne de démarcation à Bourges. Après un séjour en hôpital, il revient en zone occupée et obtient le concours d'inspecteur de police. Il est affecté le 1er août 1942 au commissariat de la circonscription Creil-Montataire-Nogent.

Il entre en relation avec Francis Moreau de la Maison du prisonnier à Creil pour obtenir de « vrais » faux papiers pour des évadés. Il prend ensuite contact avec les organisations de résistance du secteur : OCM, VPO, réseaux Samson et Brutus, FTP, Libé-Nord, BOA. Il profite de sa position pour empêcher des arrestations ou favoriser des évasions et obtenir des renseignements de la Feldgendarmerie.

A la tête d'une trentaine de fonctionnaires du commissariat, il se met au service du commandant Martin (André Bataillard) à l'approche de la Libération. Il participe aux combats à Creil au côté du groupe FTP de Saint-Gratien.

Il est ensuite affecté à la Sécurité militaire de Creil puis Saint-Quentin comme sous-lieutenant FFI. Commissaire de sûreté en Allemagne, il est nommé à Noyon en 1953 où il reste jusqu'en 1959. Il tente, sans succès de faire reconnaître en 1984 l'existence d'un Réseau et Groupe de Résistance Police de Creil.

Il décède en 2002.

Croix de guerre, Médaille de la Résistance, médaille de la Reconnaissance française, médaille des évadés


Sources : 

Mémoire des hommes GR 19 P 60/5, Oise-Matin des 5 juillet 1957 et 5 mai 1959.


BOULLEVRAYE DE PASSILLE André Marie Joseph

Résistant SRA (Delbo-Phénix) et OCM

Sous-préfet de Compiègne le 1er septembre 1944

par Jean-Yves Bonnard


L'ingénieur civil anglophone

Né le 3 avril 1904 à Paris (11e), il est le fils de Louis Marie Jean Baptiste Edouard Henri Boullevraye (1871-1952) et de Marie Sidonie Julie Bernard du Haut Cilly (1874-1949).

Il suit des études en sciences physiques, il devient ingénieur civil en 1924 puis ingénieur chimiste en 1925. Nommé professeur de chimie à l'Ecole Polytechnique de Montréal, il effectue des travaux publics en Amérique (Canada) : construction de barrages, aménagement d'aéroports, travaux de voirie... tout en poursuivant des travaux de recherche chimique au laboratoire de l'Université de Montréal pour le compte du "National Research Council". 

En 1932, il mène des recherches au laboratoire de chimie minérale du Collège de France puis enseigne jusqu'en 1938 à la faculté des sciences et à l'école polytechnique de l'université de Montréal. 

Sa thèse de doctorat soutenue en 1935 à la faculté des sciences de l'Université de Paris s'intitule " Contribution à l'étude de quelques sels d'ammonium des acides arsénique, phosphorique et antimonique, et détermination directe des chaleurs d'oxydation de l'arsenic ".

 De 1938 à 1940, il est chargé de recherches à la Compagnie Alais Forges et Camargue. Il devient en 1940 chef du laboratoire de recherches de la Société des Produits Chimiques de Ribécourt (Péchiney).

Il écrit et parle l'anglais couramment, ayant vécu dix ans au Canada et aux Etats-Unis où il conserve de nombreuses relations. Il a d'ailleurs épousé le 9 mars 1926 Madeleine Lorette Trudeau (née à Montréal le 3 mars 1904) qui lui a donné trois enfants : Guy (1927), Jacques (1928) et Andrée (1929).


Dans la Résistance

Apte au service armé mais n'ayant pas fait son service militaire (ajourné en 1923, réforme définitive du 27 juin 1936), André de Passillé est affecté spécial en 1940 à l'usine de Salingres (Gard) en tant que chargé de recherches.

Démobilisé le 25 juillet 1940, revenu en zone occupé, domicilié à Compiègne et travaillant à l'usine chimique de Ribécourt, il entre dans la Résistance en 1941 aux Services de Renseignements Alliés (SRA), dans le réseau de renseignements et d'exfiltration franco-belge Delbo-Phénix, pour lesquels il fournit des renseignements sur les mouvements de trains et des plans d'aérodromes, de dépôt de munitions et sur l'organisation de postes clandestins.

Il est membre en 1944 de l'OCM, secteur est de la région de Compiègne, sous les ordres du commandant Bouquerel. Il s'occupe de parachutistes alliés et héberge à son domicile un américain grièvement blessé.

Le sous-préfet de Compiègne

Présenté comme candidat du Comité local de la résistance de Compiègne, il est nommé sous-préfet par arrêté en date du 5 septembre 1944 à compter du 30 août 1944.

Le préfet Pérony, qui l'installe le 5 septembre (en photo), indique qu'il "compense une certaine timidité par de grandes qualités d'activité et de finesse. Très cultivé et homme du monde, il semble devoir rallier autour de lui la société compiégnoise qui paraît encore assez réticente à l'égard du nouveau régime" (lettre au commissaire d'Etat à l'Intérieur du 13 septembre 1944). Il est décoré de la médaille de la Liberté le 6 septembre 1945. 

Le 20 janvier 1946, le préfet Pérony écrit l'appréciation suivante: "Homme cultivé et d'une grande affabilité, M. de Passillé joint à des qualités indéniables de l'esprit une âme de diplomate qui lui a permis d'entretenir les meilleurs rapports avec les nombreuses forces américaines stationnées dans l'arrondissement de Compiègne. A rendu par là-même de grands services à la cause française, tout en se révélant un administrateur adroit et dévoué".

Sa délégation en tant que sous-préfet de Compiègne s'achève le 24 avril 1946. Il est remplacé par Christian Lobut.


Après l'Oise

Il devient secrétaire général de la préfecture du Loir-et-Cher en 1946 puis de la Martinique en 1950. Il épouse en secondes noces le 6 juin 1949 Marie Maud Weimerskirch qui lui donne une fille, Anne-Marie, puis, épouse en troisièmes noces le 31 janvier 1955 Suzanne Paule Vandeborre.

Délégué régional du Secrétaire d'Etat aux rapatriés en 1960, il décède le 30 novembre 1984 à Benissa (Espagne) âgé de 80 ans.


Sources

Genweb - Arch. départ. Oise 116W11828 - 450W675.


BOURREL Vincent Jean-Marie

Directeur régional des contributions directes

par Jean-Yves Bonnard, notice créée le 7 décembre 2024

 

Un proche de Paul Reynaud

Né le 13 juillet 1900 à Loubaresse (Cantal), il est le fils du chef de gare Constantin Bourrel (1870-1933) et de Bathilde Ancely (1875-1933). Après des études secondaires à Millau et à Toulouse, il est titulaire d'un baccalauréat ès-sciences. 

Surnuméraire des contributions directes à Rodez en 1920, contrôleur à Paris en 1922, il est rédacteur à l'Administration centrale du ministère des finances en 1927 puis sous-chef au ministère en 1936. Nommé agent chargé d'études au ministère en 1938, il est chargé de mission au cabinet du ministre des finances Paul Reynaud puis chef adjoint du cabinet de Paul Reynaud devenu président du conseil en mars 1940.


Dans l'Oise durant la guerre

Il devient directeur des contributions directes fin 1940 puis directeur régional à Beauvais en 1942. Vincent Bourrel est fait chevalier de la Légion d'honneur et officier d'académie. Marié et père d'un enfant, Jean, en 1942, il demeure 4 boulevard Brière à Beauvais.

En février 1944, il est nommé administrateur au service du contentieux de la direction générale des contributions puis, le 28 août 1944, direccteur de l'administration épartementale et communale au ministère de l'intérieur. Le site Internet de la Cour des Comptes indique qu'il a participé à la Résistance. Vincent Bourrel est nommé préfet le 11 mars 1945. 


Après-guerre

Nommé conseiller maître le 23 juillet 1947, il devient directeur du cabinet du secrétaire d’Etat chargé de la fonction publique et de la réforme administrative Jean Biondi en novembre 1947. Secrétaire général de la SNCF le 19 mai 1948, il est dans le même temps directeur du cabinet du ministre des finances et des affaires économiques Paul Reynaud le 28 juillet 1948, directeur du cabinet du vice-président du Conseil Paul Raynaud le 28 juin 1953.

Il est nommé président de chambre le 8 novembre 1955, non installé, maintenu en disponibilité pour exercer les fonctions de secrétaire général de la SNCF.

Il devient conseiller technique au cabinet du secrétaire d’Etat aux forces armées (marine) Franck Arnal en 1957 puis procureur général près la Cour des comptes le 22 septembre 1958. Il en devient président honoraire le 13 juillet 1970.

Il décède à Paris (10e) le 21 août 1981.

Titres

Fondateur en 1934 de la Revue des finances communales, organe de documentation à l’usage des maires, Vincent Bourrel est fondateur en 1962 et président de l’association nationale d’études municipales. Président de l’académie de comptabilité. Président de l’Institut international des collectivités publiques et de l’Institut mondial des structures d’information sur l’administration locale.

On le note membre du conseil de l’ordre des Arts et des lettres, et du conseil de l’ordre du Mérite civil, administrateur de la Casa de Vélasquez (Madrid), président de la Maison des artistes de la rue Berryer, président la fondation Smith-Champion (maison nationale des artistes à Nogent-sur-Marne) en 1960.

Président de l’Académie des gastronomes, qui a publié un dictionnaire préparé sous sa direction, président de l’Académie du Vin de France, président du il est Club des Cent. Président délégué du Musée de l’art culinaire Auguste Escoffier de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes). 


Bibliographie

Vincent Bourrel est l'auteur d'ouvrages en lien avec les finances publiques, notamment :

le Guide Dalloz du contribuable (avec Lucien Durand), 1934.

Impôts sur les revenus. Questions litigieuses. 

Recherche et application des principes essentiels (avec L. Durand, préface de Joseph Caillaux) 1934.

Taxes à la production, (en coll.) 1937. 

Napoléon et la Cour des comptes, in Souvenir napoléonien, n° 259, 1971.


Distinctions

Vincent Bourrel est fait Grand Officier de la Légion d’honneur, Officier d’académie, chevalier du Mérite agricole, chevalier de la Santé publique. Croix des services militaires volontaires.

Une médaille de bronze réalisée par Paul Belmondo et fondue en 1974 par La monnaie de Paris le représente en hommage à sa présidence de la Maison Nationale des Artistes de Nogent.


Sources

AD Oise 33W8241 - site de la Cour des comptes


CALVET Armand René Théophile

Commissaire principal de police à Beauvais

par Jean-Yves Bonnard

 

Né le 9 décembre 1897 à Collioure (Pyrénées Orientales), il demeure au n°19 rue d'Amiens à Beauvais et est marié et père de deux enfants.

Il est titutlaire d'un certificat d'études primaires avec mention honorale au concours général d'enseignement primaire.

Il est noté en 1942 être titulaire de la médaille d'honneur de la police française.


Sources

AD Oise 33W8241


CHARDEAUX Pierre Ernest Emile alias Antoine Chantelose

Résistant OCM, membre du BOA

Directeur des services vétérinaires

par Jean-Yves Bonnard


Né à Cébazat (Puy-de-Dôme) le 3 septembre 1901, ce fils d'instituteur est bachelier ès-lettres. Mui d'un certificat physique chimie et histoire naturelle, il suit des études de vétérinaires à l'école de Lyon. Après cinq années d’exercice en libéral, il passe le concours de directeur des services vétérinaires. En 1933, il est nommé directeur des Services Vétérinaires à la Préfecture de Beauvais. Marié et père de deux enfants, il demeure au 26 rue Bossuet à Beauvais.

Officier de réserve, il est mobilisé en 1939 et affecté spécial à Beauvais avant de prendre la route de l’exode en juin 1940. De Nantes, il rejoint à vélo le Puy-de-Dôme. De retour à Beauvais, il prête serment au Régime de Vichy en 1942, comme tous les fonctionnaires tenus de le faire. Il entre en relation en septembre 1942. avec Robert Belleil, Arnaud Bisson, Fernand Dupetit et Fernand Minasse qui forment un noyau de Résistance. Membre de l'OCM et du BOA, homologué Résistant en avril 1943, il participe en mai suivant au premier parachutage sur le terrain “Balance” à L'Héraule. auprès de Belleil, Bisson et Delnef. Il échappe au démantèlement du réseau OCM dans le Beauvaisis et rejoint les VOP. Pierre Chardeaux est reconnu très actif notamment dans l'aide apportée aux aviateurs (une centaine !)grâce à son laissez-passer professionnel. Le 9 juin 1944, il est nommé capitaine FFI et devient le chef du secteur ouest le 14 juillet 1944. Membre du CDL, il se déclare appartenant à Libé-Nord dont il épouse les idées socialisantes. Il reçoit la croix de guerre à Compiègne par le général Koenig. Devenu vice-président du groupement de Libération-Nord de l'Oise, il est nommé le 1er janvier 1945 à la direction des services vétérinaires au ministère de l'agriculture. Chevalier du Mérite Agricole, médaillé de la Résistance en décembre 1946, chevalier de la Légion d’honneur en mars 1953 puis officier dans le même ordre en mars 1964, il décède à Paris en 1994.


Sources

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CHEVRIER Raymond Etienne Charles

Sous-préfet de Compiègne en 1944

par Jean-Yves Bonnard le 21 janvier 2025, mis à jour le 2 février 2025


D'une République à l'autre

Né le 13 août 1909 à Decize (Nièvre), fils de Gustave Chevrier et de Marie Thomas, d'origine nivernaise d'un père industriel, il est collégien à Avallon, lycéen au collège Stanislas et étudie à l'Université de Paris. Il est titulaire d'une licence en droit, d'un DES de droit privé et économie politique, d'un CES de litterrature française et sociologie et d'un diplôme des Hautes Etudes Commerciales.

Avocat stagiaire à la cour d'Appel de Paris, il occupe successivement les postes de chef adjoint du cabinet de la Moselle (nommé en juin 1936) et du chef de cabinet intérimaire du préfet de l'Yonne.

Appelé sous les drapeaux de 1939 à 1940, il est affecté à sa demande au 151e Régiment d'Infanterie en qualité de chef de section. Fait prisonnier le 12 juin 1940, il demeure en captivité jusqu'au début de 1942. Malade, il est libéré et est nommé sous-préfet de Sainte-Menehould puis secrétaire général du Calvados à titre intérimaire. Il est ensuite nommé directeur du cabinet du préfet de Seine-et-Oise puis secrétaire général de la Savoie (nommé en janvier 1943) mais n'est pas installé. Il est nommé sous-préfet hors cadres.

Il épouse le 20 mai 1943 à Jacqueline Cuvier qui lui donne trois enfants.

Il est nommé sous-préfet de Compiègne par arrêté du 8 février 1944 et entre en fonction le 21 février 1944 en remplacement de M. Gasne.

Lieutenant de réserve, il est alors titulaire de la Croix de guerre 1939-1940, de la Croix du combattant, de la médaille de l'Education physique, de la Couronne royale de Yougoslavie, des médaille Ouissam Alaouite et Nichan Iftikar.

Il est suspendu de ses fonctions le 30 août 1944 par les FFI de Compiègne et devient "intérimaire".

Selon le préfet Pérony (13 septembre 1944),  M. Chevrier  "a fait preuve dans ses fonctions de solides qualités administratives. Il s'est associé étroitement à la politique du Maréchal Pétain et a fait appliquer la législation de Vichy avec intransigeance. Il s'est livré en outre à des manifestations regrettables lors de la prise de pouvoirs par le nouveau sous-préfet, M. de Passillé, et a cru bon notamment de proférer des menaces à l'égard, tant du comité local de Libération que du commissaire de police".

Raymond Chevrier est suspendu de ses fonctions de sous-préfet de Compiègne le 10 décembre 1944.

Nommé sous-chef de bureau du personnel au ministère de l'Intérieur d’août 1945 à mars 1946, il est l'auteur en 1946 d'un guide-mémento de l'administration communale et préface et annote le Voyage en Océanie de Louis-Antoine de Bouganivlle. Administrateur civil de 3e classe le 1er janvier 1946,  il est nommé en mars suivant sous-préfet de Saint-Dié puis, en juin 1948, secrétaire général du Bas-Rhin. 

L'épisode algérien

Le 28 juin 1954, il est promu préfet et est mis à la disposition de Christian Fouchet, ministre des affaires marocaines et tunisiennes. Ce dernier l’envoie comme directeur des services de sécurité publique au Maroc.

De 1956 à 1958, il est nommé préfet d’Orléansville (Algérie). Raymond Chevrier s’oppose au mouvement du 17 mai 1958 au cours duquel une foule tente d’envahir la préfecture d'Orléansville aux cris de « L’armée au pouvoir ! », « Vive Massu ». Le lendemain, 18 mai, il écrit au général Gracieux, commandant la 9ème D.I. et la Zone Ouest Algérois et le rend responsable des événements de la veille et lui indique qu'il "refuse de [lui] passer [ses] pouvoirs et ne cède qu’à la force". 

Entré en relation téléphonique avec le préfet de Tizi-Ouzou et le ministre de l’intérieur du gouvernement Pflimlin, Jules Moch, il lui assure de sa loyauté républicaine. Convoqué par le général Salan à Alger le 18 mai, il est arrêté et mis au secret à Aïn Taya. Il y reste assigné à résidence jusqu’au début de juin 1958.  Le général Salan écrit de lui : " Attitude rigide et maladroite ne reconnaissant pas la délégation de pouvoirs donnés au général Salan. Attitude maladroite vis à vis des Comités de Salut Public, refusant tout contact et ordonnant aux sous-préfets de ne pas les recevoir ". Il ajoute comme commentaire : " A été dirigé sur la métropole, remis à la disposition du ministre de l'Intérieur. A été remplacé provisoirement par le général Gracieux qui a délégué à M. Rouaze, secrétaire général de la Préfecture, les pouvoirs nécessaires à l'administration du département. "

Rentré en métropole, Raymond Chevrier est nommé préfet de l’Allier en 1959. Placé en position hors cadre en 1963 et en congé spécial en 1964, il prend sa retraite en 1969. A partir de 1966, il est noté administrateur ou directeur de diverses sociétés financières, immobilières (districts urbains de Matargis er de Gien) ou d’économie mixte (Paris-Saint-Blaise en 1972). 

Il est fait officier de la Légion d'honneur.

Il décède le 20 octobre 1976.

Il est notamment l'auteur de l'ouvrage Allemagne, 30 ans d'histoire (1920-1950), de Terres et visages de France (1949), du Secret de Mayerling (1967) et d'une Histoire de Sissi (1968).


Sources

Arch. départ. Oise 116W11828 - 450W6745 - NA des 1.10.1953 et 1.7.1954 ; Honneur et Patrie, 26.2.1953. Bargeton II, p. 157 ; Les dernières nouvelles d'Alsace du 4 juin 1948; L'Echo du Maroc du 16 juillet 1954.


DEBONLIEZ André Marcel

Chef adjoint du cabinet du préfet en 1942

par Jean-Yves Bonnard

 

Né le 3 mai 1892 à Beauvais (Oise), marié et père de deux enfants, il est employé à la Direction des contributions directes de l'Oise de 1911 à 1916, puis emp loyé à la préfecture de l'Oise de 1916 à 1920. Devenu rédacteur de 1920 à 1930, il est nommé chef de bureau en 1930 puis chef adjoint du cabinet en 1941. Il est chevalier du Mérite social et est diplômé de l'Office National Météorologique.


Sources

AD60 33W8241


DELAINE M.

Gendarme


Né dans l'Aisne, arrivé à Nanteuil-le-Haudouin en 1919, il entre dans la garde mobile à Charleville en 1938. Fait prisonnier en 1940, envoyé en captivité en Prusse orientale, il revient en France quinze mois plus tard.

Fin 1941, il est nommé gendarme à Créy-en-Valois. Il est muté en 1951 à la brigade de Chantiilly comme maître-chien d' "Astrée".

Nommé chef en 1956, il prend le commandement de la brigade de Betz puis de la brigade de Nanteuil-le-Haudouin en 1960. 

Il est nommé adjudant de gendarmerie en 1961.

M. Delaine est titulaire de la médaille militaire, de la médaille des services militaires volontaires et de la Croix d'honneur du Mérite franco-britannique.


Source

Le Parisien du 9 octobre 1961.


DUC Maurice Jean-Marie Emile

Ingénieur des TPE - Subdivision de Beauvais

par Jean-Yves Bonnard


Né le 2 juillet 1920 à Marles-les-Mines (Pas-de-Calais), marié et père de deux enfants en 1942, cet ancien élève de l'Ecole Technique des Mines de Douai est diplômé Conducteur de travaux miniers. Il est nommé le 27 mars 1942  à la fonction d'Ingénieur des TPE (mines) à la Subdivision de Beauvais.


Sources

AD60 33W8241


DUCHATEAU Jean Marie Camille

Délégué Régional adjoint

par Jean-Yves Bonnard


Né le 19 mai 1906 à Colleret (Nord), marié et père de deux enfants, il est titulaire du baccalauréat Lettres. Il reçoit une mission de restauration paysanne, puis devient technicien agricole.

Nommé en 1942 Délégué Régional adjoint en charge du département de l'Oise, il demeure 17 rue d'Amiens à Beauvais.


Sources

AD60 33W8241


DUMOULIN Eugène Alfred

Sous-préfet de Senlis

par Jean-Yves Bonnard, notice mise à jour le 22 janvier 2025


Un ancien combattant de la Grande Guerre

Né le 31 octobre 1888 à Limoges (Haute-Vienne), il est le fils de Jean-Baptiste Dumoulin, directeur de l'école du Pont-Neuf à Villeneuve-le-Roi, et d'Anna Brissaud. Se déclarant de conditions modestes, il épouse le 26 juillet 1917 à Limoges Henriette Geoffre (1893-1973) qui lui donne un fils, Jean, né en 1923.

Rédacteur et chef de bureau à la préfecture de la Haute-Vienne de 1907 à 1920, il est mobilisé lors de la Grande Guerre du 7 août 1914 au 9 juillet 1919 dont il revient avec une blessure.  Il est noté avoir été atteint par les gaz à Verdun le 20 août 1917. Il reçoit la Croix de guerre 1914-1918 avec la citation à l'ordre du 165e RI: "Caporal chef de liaison, sous un bombardement violent, a fait preuve de beaucoup de calme et de sang froid et a su maintenir pendant l'attaque du 14 septembre 1918, une liaison parfaite entre les sections de la compagnie". Il reçoit la Croix du combattant (ordre du 14 septembre 1918), la médaille interalliée et est fait chevalier de la Légion d'honneur au titre militaire (17 décembre 1933).

Ancien-combattant, il est lieutenant de réserve au services des chemins de fer de la 8e Région, puis est rayé des cadres (2 novembre 1937).


Une carrière dans la préfectorale

A son retour dans la vie civile, il devient chef adjoint de cabinet à la préfecture de Haute-Vienne puis sous-chef de cabinet du préfet le 31 janvier 1920. Il est nommé chef adjoint du cabinet du préfet de l'Aisne en août 1921 puis occupe le même poste, le 1er novembre 1922, en préfecture de Seine-et-Oise. Le 1er octobre suivant, il y devient chef de cabinet puis, le 9 février 1926, il est nommé sous-préfet de Mortain et est mis à disposition du préfet de Seine-et-Oise le lendemain. Nommé sous préfet de Soissons le 8 août 1933, il est mis à disposition du préfet de Seine et Oise. Nommé directeur adjoint du cabinet du préfet de police le 4 février 1934, il devient sous préfet de Senlis le 5 avril 1934, succédant à M. Daupeyroux, nommé secrétaire général de la préfecture de Seine-et-Oise.


Le sous-préfet de Senlis

Il fait face à des conflits sociaux industriels et agricoles dans son arrondissement qu'il règle avec tact, énergie et avec un esprit de conciliation. La clairvoyance de son jugement est appréciée.

En juin 1940, il évacue de son arrondissement sur ordre. Le 26 juin 1941, il refuse de donner à un fonctionnaire de la préfecture de l'Oise la liste des meneurs communistes de son arrondissement pour les Allemands (témoignage d'Albert Guérineau).

M. Dumoulin prête serment au Régime de Vichy en 1942, comme tous les fonctionnaires tenus de le faire. Le préfet Vacquier écrit à son sujet : "A dirigé son arrondissement, depuis le début des hostilités, avec doigté et compétence. N'a évacué que sur ordre et est rentré à son poste dès que possible. Fait preuve de correction et d'habileté dans l'exercice de la collaboration prévue entre les autorités françaises et occupantes par la Convention d'Armistice. S'occupe avec actitvité des graves problèmes économiques posés par les circonstances".

Le 10 janvier 1944, le préfet Georges Malick indique de lui : "M. Dumoulin a témoigné dans un poste délicat, des plus réelles qualités de compétence, de doigté, de jugement, d'autorité, qui en font un des collaborateurs les plus sûrs que j'ai jamais rencontré dans ma longue carrière administratice. Ses qualités et sa très solide expérience le désignent tout naturellement aux fonctions de préfet". Il ajoute " conçoit son rôle de sous-préfet de façon vivante et humaine par de visites fréquentes dans son arrondissement". Quant à sa femme, le préfet indique: "Madame Dumoullin seconde intelligemment son mari. peu de relations, mais choisies".

Le 1er septembre 1944, il est confirmé dans son poste comme le justifiera dans un rapport le préfet Yves Pérony : " ses qualités d'administrateur et de bon Français ne sont mises en doute par personne. Sous-préfet de Senlis depuis plus de dix, il s'est acquis la sympathie de nombreux habitants d'un arrondissement qu'il connaît bien ". Pour autant, cette confirmation sera critiquée dans les milieux de gauche de la ville de Creil.

Le 30 avril 1945, le préfet Pérony confirme son point de vue par l'appréciation suivante: "Fonctionnaire habile et plein d'expérience, fait preuve de qualités de tact et de diplomate qui lui permettent de réussir parfaitement dans le difficile arrondissement de Senlis-Creil qu'il administre depuis 11 ans. Esprit pondéré et discipliné, nature conscienceuse et loyale, mériterait amplement d'obtenir pour sa fin de carrière un poste de préfet qu'il tiendrait certainement avec bonheur".

Mais à son retour de déportation, Jean Biondi, député de l'Oise et maire de Creil en 1940, s'est refusé à recevoir le sous-préfet, indiquant "qu'il voulait bien voir les préfets de la Résistance, mais point ceux de Vichy", lui reprochant d'avoir été un serviteur zélé de Vichy pendant l'occupation, ne l'aidant pas dans sa tâche de résistance en s'abritant derrière les instructions préfectorales voire allemandes.

Spectateur de cette querelle de personnes, le préfet Pérony s'entend lui répondre "un Corse ne sait pas pardonner".

Le 14 juin 1945, Eugène Dumoulin demande à être affecté à la Mission militaire pour les affaires allemandes, il est mis fin à ses fonctions le 29 juin 1945. Il est remplacé à Senlis par Georges Brottes par décret du 3 juillet 1945.

Eugène Dumoulin quitte Senlis pour Baden-Baden où il exerce les fonctions de directeur des services administratifs français dans la zone occupée.

Le 1er décembre 1949, il est admis à faire valoir ses droits à la retraite. Nommé préfet honoraire, Eugène Dumoulin décède le 11 novembre 1966 dans son domicile parisien, n°4 rue Porto-Riche (14e).


Distinctions

Eugène Dumoulin est fait chevalier de la Légion d'honneur, Croix de guerre, officier d'académie (19 octobre 1924), chevalier du mérite agricole (16 octobre 1927), chevalier du mérite social, médaillé d'argent de la mutualité (6 mars 1925), médaillé des Belles actions 2e classe (16 juilet 1926), médaillé d'argent d’Éducation physique (8 janvier 1930), médaillé d'argent de la Prévoyance sociale (29 mars 1933), chevalier de l’Étoile de Roumanie (31 mai 1934), commandeur de l'Ouissam Alaouite (Maroc) et commandeur de Nicham Ifsirkhar (Tunis).


Sources

Arch. départ. Oise 33W8241 - 116W11828 - Base Léonore C128718 -La Semaine de l'Oise du 7 décembre 1949. GUERINEAU Albert, Souvenis de Compiègne, 1940-1942.


FLEURY Georges Charles Adrien, alias Carrière, Montreuil, Noireau

Résistant OCM

Sous-préfet de Clermont le 1er septembre 1944

par Jean-Yves Bonnard


Né à Caen le 8 janvier 1890, Georges Fleury exerce la profession de chef de bureau en préfecture de Caen avant de servir huit ans sous les drapeaux en cumulant son service militaire aux années de guerre au cours desquelles il obtient deux citations. Démobilisé en 1919, il reprend l'exploitation agricole de ses beaux-parents à Rémécourt. Elu maire de cette petite commune de l'Oise (51 habitants en 1921) de 1920 à 1944, il devient greffier de justice de paix à Clermont. Fin 1940, il distribue des tracts du groupe Valmy avec son fils Alain et sa fille France-Raphaële. Il entre dans l'Armée Secrète après avoir été contacté par Roland Delnef et Marcel Sailly, puis rejoint l'OCM. Il distribue des tracts, repère des terrains de parachutage, transmets des renseignements, aide des réfractaires au STO et recrute largement dans le Clermontois. Sa maison est le lieu de réunion de résistants, mais aussi le lieu de passage d'aviateurs alliés abattus et de membres des Services Secrets de Renseignements. Devenu en février 1944 chef départemental de l'OCM, Fleury est désigné chef du secteur-centre des FFI. Il rencontre peu après les envoyés du CNR : Yves Pérony, Yves Helleu et les frères Wallon. Le 6 août 1944, tandis que Jean Corroyer est abattu, Fleury parvient à fuir de son domicile avec sa famille peu avant l'arrivée du SD qui incendie les lieux par vengeance. Caché à Pierrefonds, il poursuit son activité et participe au sabotage d'un train sur la ligne Compiègne-Soissons afin d'empêcher le départ d'un nouveau convoi d'internés de Royallieu vers l'Allemagne. 

Il est nommé sous-préfet de Clermont à la Libération puis secrétaire général de la préfecture de l'Oise en 1948. Sous-préfet d'Argentan de 1954 à 1957, officier de la Légion d'honneur, il décède à Clermont le 11 août 1959. 


GASNE Yves Louis René

Sous-préfet de Compiègne en 1942

par Jean-Yves Bonnard


Né le 8 avril 1908 à Lyon, fils du procureur général à Orléans, il est licencié en droit et ancien élève des sciences politiques. 

Chef de cabinet du préfet du Maine-et-Loire du 25 novembre 1931 au 15 novembre 1932, il est nommé chef de cabinet du préfet des Basses-Pyrénées le 1er janvier 1932 puis chef de cabinet du préfet de Saône-et-Loire le 21 octobre 1934. Secrétaire général de la Nièvre le 9 novembre 1935, il est par la suite directeur du cabinet du préfet des Bouches-du-Rhône.

Chevalier du mérite social, médaillé d'argent de l’Éducation physique et chevalier du Mérite agricole, il est nommé sous-préfet de La Flèche, puis chef adjoint du cabinet du préfet de la Seine avant d'être nommé comme sous-préfet de Compiègne en mars 1942 à la succession de Guérineau.

Il est nommé préfet délégué à Dijon en janvier 1944.


Sources

AD60 33W8241.


GRANGER Lucien Jean Georges

Sous-préfet de Clermont

par Jean-Yves Bonnard, notice mise à jour le 22 janvier 2025


Né le 8 janvier 1909 à Toulouse, fils du professeur de lycée d'Henri Granger, titulaire d'une licence es lettres et diplômé d'études supérieures de Français, il est marié et père de deux enfants. Rédacteur puis sous-chef de bureau à la préfecture de police, il est mobilisé comme sergent au 214e RI. Prisonnier de guerre en congé de captivité, il est nommé sous-préfet de Clermont en 1943.

Démis de ses fonctions par le préfet de la Libération Pérony, ce dernier justifie sa décision le 13 septembre 1944 dans une lettre au commissaire d'Etat à l'Intérieur :" Sous-chef de bureau à la préfecture de Police avant la guerre, ami personnel de M. Cathala, a fait ses débuts dans la carrière préfectorale en 1943 à Clermont, dont la sous-préfecture semble avoir été rétablie à son seul profit. D'une valeur professionnelle réputée médiocre, il n'a pas réussi à Clermont où il s'est attiré des inimitiés solides. Il a collaboré étroitement aux mesures prises par Vichy, sans cependant pouvoir être incriminé d'intelligence avec l'ennemi. Son maintien dans la carrière ne paraît pas désirable, et il pourrrait, tout au plus, être remis à la diposition de son administration d'origine".

Il décède le 12 juillet 1984 à Bordeaux à l'âge de 75 ans.


Sources

Arch. départ. Oise 33W8241 - 450W6745 - Arch. nat. F/1bI/778.


GROULT Gabriel

Chef de la 4e Division à la préfecture de l'Oise

par Jean-Yves Bonnard


Né le 21 juillet 1893 à Beauvais, employé à la préfecture de l'Oise depuis le 1er août 1909, il est chef de la 4e DIvision en 1943. Il est domicilié au n°41 route de Savignies à Beauvais.


Sources

AD Oise  33W8241


GUERINEAU Albert Victor Désiré alias Aubert

Sous-préfet de Compiègne de 1934 à 1942

Résistant Libé-Nord

par Jean-Yves Bonnard, notice mise à jour le 22 janvier 2025


Né le 19 août 1889 à Gournay (Deux-Sèvres), il obtient une licence en droit et exerce la profession d’avocat à la cour d’appel de Poitiers. Il est mobilisé en 1914 au 285e Régiment d’Infanterie puis est versé au 7e Régiment d’Infanterie.

En 1919, il est nommé chef de cabinet adjoint du commissaire de la République à Metz. Il devient successivement chef de cabinet du préfet du Haut-Rhin, sous-préfet de Thann, de Metz puis de Compiègne de 1934 à mars 1942. Il quitte alors sa fonction, estimant ne plus pouvoir l’accomplir pour défendre utilement ses compatriotes, pour rejoindre le ministère de la santé publique, gravissant les échelons de préfet de 3e, 2e puis 1ère classe. Il est nommé directeur de l'hôpital psychiatrique de Perray-Vaucluse (Seine-et-Oise). 

Il fait valoir ses droits à la retraite en 1951. et devient préfet héonoraire le 21 septembre 1951.

Officier de la Légion d’honneur, Croix de guerre 14/18, officier des Palmes académiques, Albert Guérineau décède à Gournay le 6 novembre 1965.

Son récit de ses Souvenirs de Compiègne entre 1940 et 1942 a été publié dans l’Oise Matin à partir du 24 novembre 1959.


Sources

Arch. Nat. 19910704/4. GUERINEAU Albert, Souvenirs de Compiègne, 1940-1942.


GUIGNARD Jean-Louis Henri Georges

Chef de cabinet du préfet de la Libération

par Jean-Yves Bonnard, mise à jour le 23 février 2025


Né le 21 juin 1914 à Paris (6e), célibataire, il est bachelier ès-Lettres et auditeur en sciences politiques.

Il est mobilisé en 1939 - 1940 en tant que caporal chef au 31e bataillon de chasseur à pied. Il est nommé sous-lieutenant à titre temporaire. Il devient rédacteur à l'OCRPI puis secrétaire général au Crédit Coopératif Foncier. 

Il demeure à Paris au n°17, Place des Vosges.

Entré à l'OCM, il participe au maquis de Nointel à des opérations de sabotage et de parachutage.

Il est nommé chef de cabinet du préfet de la Libération Yves Pérony le 30 août 1944 en remplacement de Jacques Baldeyroux destitué.

Le 20 janvier 1946, Yves Pérony écrit à son propos : "collaborateur plein de finesse et d'habileté, a un goût marqué pour la discussion et la conciliation dans lesquelles il excelle. Gagnerait parfois à faire preuve de plus d'énergie et de persévérance dans la conduite de ses travaux. Chef de cabinet très apprécié pour sa large compréhension et sa courtoisie, serait susceptible de faire un excellent sous-préfet".

Il décède le 3 juillet 2005 à Luçon (Vendée).


Sources

AD Oise 


GUIGNON Gabriel Pierre

Inspecteur d'académie de l'Oise en 1942

par Jean-Yves Bonnard

 

Né le 31 juillet 1899 à Auxon (Aube), il est marié et père de deux enfants. Agrégé de Sciences naturelles, il obtient en doctorat ès Sciences (Etat). Instituteur de 1920 à 1923, il est professeur EN à Troyes (Aube) de 1923 à 1931, professeur à l'Ecole Colbert à Paris de 1931 à 1935, professeur au collège Chaptal à Paris de 1935 à 1938.Inscrit sur la liste d'aptitude à l'Enseignement supérieur en 1937, il devient professeur des EN et des EPS (section PCN). Nommé inspecteur d'académie à Foix (Ariège) de 1938 à 1940, il est muté à Albi (Tarn) de 1940 à 1942 puis à Beauvais le 1er novembre 1942. Il est officier d'académie.


Sources

AD Oise 33W8241


GUILLEMOT-TREFFAINGUY Jean Jules Henri

Directeur des Services Agricoles

par Jean-Yves Bonnard


Né le 11 octobre 1906 à Versailles (Seine et Oise), marié, sans enfant, il est bachelier ès-Sciences. Ingénieur agricole, il devient professeur d'agriculture à Compiègne à partir du 1er septembre 1930, à Yvetot à partir du  1er juillet 1936 puis à Rouen du 1er septembre 1939 au 1er février 1941. Nommé directeur des services agricoles à Angers du 1er février 1941 au 31 décembre suivant, il est détaché à Rouen jusqu'au 18 mars 1942. Il est nommé directeur du service agricole à Beauvais à partir du 18 mars 1942. Il y habite au n°7 rue du Palais-de-Justice.


Sources

AD60 33W8241


HAMBERT Maurice André

Directeur départemental du travail en 1942

par Jean-Yves Bonnard


Né le 14 avril 1904 à Argentan (Orne), marié et père de deux enfants, il est ingénieur des Arts et métiers et ingénieur de l'Ecole supérieure d'électricité.

Inspecteur du travail depuis le 17 novembre 1937, il est directeur départemental du travail à compter du 1er janvier 1942.


Sources

AD Oise 33W8241


LEBLOND Maurice René

Directeur de l'Office Départemental du Travail en 1942

par Jean-Yves Bonnard

 

Né le 25 mars 1902 à Creil, marié et père de trois enfants, il est nommé directeur de l'Office départemental du travail. De par son statut modifié par la loi du 11 octobre 1940, il n'est plus chef de service départemental mais est placé sous l'autorité de l'Inspecteur départemental du Travail, directeur départemental du travail et de la main d’œuvre.


Sources

AD60 33W8241


LEFORT Eugène

Chef de la 1ère Division à la préfecture de l'Oise

par Jean-Yves Bonnard, mise à jour le 23 juin 2024


Né le 23 juillet 1888 à Lardières, employé de la préfecture de l'Oise depuis le 1er mai 1911, il est chef de la 1ère Division en 1943. Il demeure au 44 rue Villebois-Mareuil, à Beauvais.

Il est nommé chef de division honoraire.

Il est décédé le 6 septembre 1974 à Beauvais.


Sources

AD Oise 33W8241 - Remerciements à Michel Allain.


LEMENNICIER Raoul

Chef d'escadron de gendarmerie

par Jean-Yves Bonnard


Né le 2 octobre 1898 à Ducey (Manche), il est marié, sans enfant. Titulaire du brevet élémentaire et et du brevet d'enseignement primaire supérieur, il fait carrière dans la gendarmerie. Il accède au grade de sous-lieutenant en 1925, de lieutenant en 1927, de capitaine en 1933 et de commandant en 1942. Il est chevalier de la Légion d'honneur.


Sources

AD Oise 33W8241


LETELLIER René

Secrétaire général de la préfecture de l'Oise

par Jean-Yves Bonnard, notice mise à jour le 22 janvier 2025


Directeur de cabinet de Gaston Mumber, préfet régional à Laon, il devient secrétaire général de la préfecture de l'Oise lorsqu'est révoqué Guy Malines en raison de son attiture germanophone. Il est installé le 11 juillet 1944. Sous-préfet de 3e classe, il assiste le préfet Malick jusqu'au 30 août 1944, date à laquelle M. Malines reprend son poste. Il est placé dans la position d'expectative. Le 13 octobre 1944, Pierre Pène , commissaire régional, le remet à la disposition du ministre de l'Intérieur.

Pour le préfet de la Libération Pérony, ce "jeune fonctionnaire bien noté, ne s'est pas compromis au cours de ces dernières années (...) M. Letellier n'a pas démérité, semble-t-il, et il y aurait lieu de le reclasser."

La commission d'épuration du 16 mars 1945 donne un avis. Le 1er janvier 1945, il est placé dans la position de disponibilité sans traitement. Il reçoit un demi-traitement à compter du 1er juin suivant.


Sources

Arch. départ. Oise, 74W6745


MALICK Georges Jean Alphonse

Préfet de l'Oise de 1942 à 1944

par Jean-Yves Bonnard, notice mise à jour le 20 janvier 2025


Né le 8 octobre 1893 à Pamiers (Ariège), Georges Malick est le fils du colonel Edouard Jean Armand Malick (1847-1902) et d'Augustine Françoise Elisabeth Caroline Melle Borrely (1863-1954), fille d'un directeur de l'enregistrement. Elève du collège de Pamiers et de l'école pratique de droit de Toulouse, ce bachelier en droit est reçu surnuméraire de l'enregistrement au concours de 1913. Mobilisé le 2 août 1914, il est officier d'ordonnance du maréchal Joffre durant la Grande Guerre. Blessé par deux fois, il reçoit trois citations avec la Croix de guerre 1914-1918.

Receveur de l'Enregistrement en 1920, il intègre la préfectorale la même année comme chef de cabinet du préfet du Puy-de-Dôme (1er avril 1920). Le 3 juin 1921, il est nommé chef de cabinet du préfet de la Loire Inférieure puis devient sous-préfet de Lesparre le 31 décembre 1921. Le 11 octobre 1924, il est nommé sous-préfet de Castelsarrazin et est détaché dans les fonctions de chef adjoint du cabinet du préfet de la Seine le 1er octobre 1925. D'abord nommé sous-préfet de Bayonne le 14 juin 1927, il est maintenu détaché en qualité de chef adjoint du cabinet du préfet de la Seine le 3 juillet 1927. Le 12 février 1929, il est nommé secrétaire général de Seine et Oise. Il est nommé préfet de Tarn-et-Garonne du 31 octobre 1932 au 19 octobre 1937, de la Charente du 19 octobre 1937 au 6 août 1940, de Charente-Inférieure du 6 août 1940 au 26 novembre 1942. 

Il est alors muté comme préfet à Beauvais et est domicilié à l'Hôtel de la préfecture. Relevé de ses fonctions le 30 août 1944 et mis en résidence surveillée, une enquête est demandée par le CDL sur ses agissements et sur "ses relations étroites avec le dénommé Mouton, ami intime du traître Ferdonnet".

Il devient inspecteur général de la Reconstruction et de l'Urbanisme et est promu inspecteur général à compter du 6 juin 1949 (décret du 25 mai 1949).

Retraité le 17 décembre 1945, il est nommé préfet honoraire le 6 juillet 1951.

Célibataire, il élit domicile au n°28 rue Jacob à Paris (7e). Malade, il décède à la clinique Saint-Jacques à Paris le 13 août 1954.

L'Oise libérée dira de lui:  "(...) avec une grande diplomatie qui n'excluait pas la plus courageuse fermeté, il avait réussi durant les derniers 18 mois de l'occupation à atténuer les rigueurs du traitement que les Allemands proposaient d'infliger aux populations, trop indociles à leur gré, de notre vaillant département. C'est une intervention particulièrement vigoureuse et véhémente de M. André Malick à la Kommandantur qui permit d'arrêter, notamment, le massacre des otages de Troissereux."


Décorations

Croix de guerre 1914-1918, grand officier du Nichan Iftikar, grand officier Ouissam-Alaouite, officier du Mérite Agricole, officier de l'Instruction publique, officier du Mérite Social, il est fait chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire le 7 juillet 1927 puis officier le 24 août 1937 par le ministère de l'Intérieur.


Sources

Arch. départ. Oise 33W8241 - 116W11828 - Arch. Nat. F/1bl/956. L'Oise Libérée d'août 1954 - JO du 26 mai 1949 - Le Figaro du 14 août 1954 - Genweb.


MALINES Guy Antoine Raphaël alias Desroches

Résistant

Secrétaire-général de la la préfecture

notice créée par Jean-Pierre Besse le 20 juin 2003,

mise à jour par Jean-Yves Bonnard le 20 janier 2025


Né à Vannes (Morbihan) le 30 septembre 1909, il étudie au collèège de Grandchamp à Versailles, à l'école Rocroy-Saint-Léon et au lycée Condorcet à Paris. Inscrit à la factulté des lettres et de droit de Paris, il sort licencié en droit et en lettres classiques. Il fait son service militaire du 15 octobre 1934 au 18 octobre 1935 comme brigadier dans le Train des équipages. Il est mobilisé entre le 7 septembre 1939 et 29 juillet 1940 lors de la Campagne de France.

Il commence sa carrière de fonctionnaire comme rédacteur à la préfecture de la Haute-Vienne entre le 1er octobre 1936 et le 1er aril 1938. Il devient par la suite rédacteur, sous-chef de bureau  puis chef de bureau à l'administration centrale. Guy Malines est secrétaire à la Direction du Personnel du Ministère de l'Intérieur depuis le 1er juin 1941 lorsqu'il est muté à la préfecture de Beauvais le 26 juin 1942 (nomination du 26 mai 1942). Il y exerce la fonction de secrétaire général, ce qui correspond au poste de sous-préfet, en remplacement d'André Mariacci, nommé secrétaire général du Rhône.

Il est domicilié au 2 Boulevard Saint-Jean, à Beauvais. Il épouse le 19 octobre 1943 Simone Combes.

Fin 1942, le feldkommandant adresse une lettre au préfet reprochant à M. Malines de "ne pas suivre la politique du gouvernement de Laval". En septembre 1943, il refuse d'accompagner les autorités allemandes dans une tournée à travers les cantons pour recruter des ouvriers pour les chantiers de l'Organisation Todt dans la Somme.  

Le 10 janvier 1944, le préfet Georges Malick le note comme "secrétaire général d'une intelligence très nuancée, qui a témoigné, dès son entrée dans la carrière préfectorale, des qualités d'adaptation incontestables. S'est affirmé très rapidement dans un poste délicat, comme d'une valeur indiscutable tant au point de vue professionnel que moral".

Pour autant, le 14 mai 1944, les Allemands obtiennent qu'il soit relevé de ses fonctions.

Le 23 mai 1944, Pierre Laval, puis, le 16 juin 1944, le préfet Malick, le placent dans la position prévue par la loi du 17 juillet 1940.

Il est révoqué pour son attitude germanophobe. On note aussi pour ses liens avec la Résistance.

Le 7 juin, tandis qu'il déménage sa maison boulevard Saint-Jean, il prend la fuite tandis que la police allemande vient l'arrêter. Il se cache dans une baraque de la rue Boufflers puis gagne le Chemin Noir à Saint-Just.

Recherché par les autorités d'Occupation, il doit entrer dans la clandestinité à Hémécourt puis à Campeaux. Il est remplacé par M. Letellier, ancien chef de cabinet du préfet régional de Saint-Quentin, M. Mumber.

Guy Malines revient à Beauvais le 21 août et se met à la disposition du préfet de la Libération, Yves Pérony. Il retrouve son poste le 1er septembre 1944 avant d'être nommé le 11 janvier 1945  sous-préfet de Pontoise à dater du 1er février 1945. Olivier Roques lui succède comme secrétaire général de la préfecture de l'Oise. 

Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le 11 juillet 1952.

Il est nommé par la suite préfet par intérim de la Guadeloupe du 17 décembre 1955, il est titularisé préfet le 14 avril 1956 et est nommé préfet de la Gaudeloupe définitif le 14 mai 1956 jusqu'au 7 mars 1958. 

Nommé préfet du Cantal de 1959 à 1962 puis préfet de l'Orne du 1er septembre 1962 au 1er octobre 1964, il devient trésorier payeur de l'Aveyron le 1er mai 1966 puis de l'Aisne le 1er août 1969.

Il décède le 23 décembre 1984 à Laon (Aisne).


Sources

Archives Jean-Pierre Besse, publication, presse locale, documents remis par des résistants - BESSE Jean-Pierre, L'Oise septembre 1940 - septembre 1944, Gouvieux, 1994, 218p - Arch. départ. Oise 33W8241, 116W11828 - Arch. Nat. F/1bl/909 - L'Oise Libérée du 13 septembre 1944.


MARIACCI Jules André

Secrétaire-général de la la préfecture

par Jean-Yves Bonnard, mise à jour le 22 janvier 2025


Né le 23 août 1892, il devient conseiller de la préfecture du Gers le 13 août 1919. Sous-préfet de Sartène (Corse) le 8 septembre 1924, il est nommé secrétaire général de la Mayenne le 11 février 1930, du Var le 13 février 1932, du Calvados le 9 août 1933 puis de l'Oise le 20 octobre 1936.

Guy Malines lui sucède lorsqu'il est muté dans le Rhône le 26 mai 1942. Il est nommé délégué dans les fonctions de préfet de Haute-Savoie le 24 juin 1943 et devient préfet de l'Ardèche du 13 août 1943 au 12 août 1944.

Il est placé en retraite le 26 juillet 1945 à compter du 1er juillet 1945.

Il décède le 4 avril 1977.


Sources

Arch. départ. Oise  33W8241 - Arch. Nat. F/1bl/956.


MASSOTTE Gaston

Commissaire principal de police

par Jean-Yves Bonnard, notice créée le 7 décembre 2024


Né le 29 avril 1893 à Auxonne (Côte d'Or), entré à la police nationale comme innspecteur le 16 février 1921, il est nommé commissaire le 6 août 1935 puis commissaire principal (3e classe) le 6 février 1940 à Beauvais.


Sources

AD Oise  33W8241


PENE Pierre alias Périco, Taille, Portet, Pointis 

Résistant OCM

Commissaire de la République

par Jean-Yves Bonnard


Né le 10 mars 1898 à Paris, fils d'un employé de la SNCF, Pierre Pène est sous-lieutenant d'artillerie durant la Première Guerre mondiale. Il est cité à l'ordre de la division après avoir subi les gaz. Sorti de polytechnique en 1922, ingénieur des Ponts et Chaussées en 1923, il suit les cours de l'Ecole d'Artillerie de Fontainebleau. Directeur-adjoint des Travaux Publics de Madagascar de 1926 à 1930, il est détaché au Ministère des Affaires Etrangères comme ingénieur en chef du gouvernement éthiopien jusqu'en 1933. Il est nommé ensuite ingénieur des Ponts et Chaussées à Soissons. Mobilisé dans l'Artillerie coloniale, le capitaine Pène commande la 6e batterie du 3e RACL avant de rejoindre en décembre 1939 l'Etat-major de la 7e Armée. Démobilisé en 1940, il retrouve la Direction des Transports de l'Aisne, entre dans la Résistance au réseau Centurie et rejoint avec son groupe l'OCM en janvier 1941. Chef de l'Armée secrète pour l'Aisne en 1943, il est nommé au Comité directeur de l'OCM à Paris et devient commandant militaire de la région Paris et région parisienne. Chef FFI de la région P, il est arrêté le 4 avril 1944, interrogé, blessé, et parvient à s'évader de la prison de Senlis le 9 juin. De retour en Résistance, il est nommé Commissaire de la République de Saint-Quentin. Gouverneur du pays de Bade de 1946 à 1952, chargé de mission à l'ONU en 1953, il devient conseiller technique au cabinet de Jacques Chaban-Delmas. En 1956, il est nommé inspecteur Général des Ponts et Chaussées et occupe jusqu'en 1960 la fonction de conseiller du gouvernement du prince de Monaco. Pierre Pène décède le 20 avril 1972 à Boulogne-Billancourt. De nombreuses fois décoré, il était commandeur de la Légion d'Honneur, Compagnon de la Libération, Croix de Guerre 14-18 et 39-45, Croix du combattant Volontaire de la Résistance.


PERONY Yves Eugène Gabriel

Résistant réseau Interallié

Préfet de l'Oise le 1er septembre 1944

par Jean-Yves Bonnard, notice mise à jour le 22 janvier 2025


Né au Havre le 6 octobre 1910, il est élève au lycée Janson-de-Sailly à Paris puit suit l'école libre de sciences politiques.  Yves Pérony reçoit en 1933 une bourse à la Maison de l'Institut de France à Londres. Il fait son service mmilitaire du 1er octobre 1933 au 1er octobre 1934. Docteur en droit et diplômé de l'Ecole libre des sciences politiques de Paris le 10 janvier 1935, sa thèse de Doctorat porte sur le fonctionnement de la Chambre des Lords. En 1935, il devient attaché du Procureur général près la Cour d'appel de Paris. Il quitte la Chancellerie pour devenir substitut du Procureur de la République à Lisieux puis Procureur de la République par intérim à Vire.


Pendant la guerre

Lieutenant de réserve, il est mobilisé en 1939 au 154e Régiment d'Infanterie de Forteresse où il gagne une citation pour son action le 23 juin 1940 : “Détaché en mission particulière de son régiment et ayant perdu le contact de ce dernier replié sans qu'il en ait été avisé, s'est joint avec sa section aux derniers éléments d'un régiment voisin organisés en réduit à la Maison forestière de Bourguignon, a participé activement à la défense de ce dernier et a été l'un des braves qui ont valu à la garnison les honneurs de la guerre”. Fait prisonnier, il est détenu dans un camp près de Berlin, en Allemagne, il retrouve son poste de magistrat en 1941. Démissionnaire en 1942 à la suite de l'occupation de la zone libre, il rejoint aussitôt la Résistance en travaillant pour les services de renseignement français rattachés à l'Intelligence Service de Londres. Il rallie avec son groupe les FFI dès leur création.

Au lendemain du Débarquement, il s'installe dans l'Oise et prépare, avec les groupements de Résistance du secteur de Clermont et de Liancourt, la libération du département. Le 10 août 1944, le Comité Français de la Libération Nationale le nomme préfet de l'Oise. Il n'a que 34 ans. En 1945, les témoins à son mariage  à Paris avec Marie-Paule Davril sont Pierre Pène, commissaire de la République, et Yves Helleu, directeur de l'hebdomadaire "Carrefour". Le général Koenig, gouverneur de Paris, est aussi présent.


Dans la préfectorale

Il est nommé préfet du Var en 1946, d'Indre-et-Loire en 1948, d'Oran en 1951, du Puy-de-Dôme en 1953 et de l'Hérault de 1959 à 1962. 

Le 2 juin 1958, il attire l'attention du ministre sur "l'émotion qu'ont provoquée parmi nous les nouvelles concernant le sort de nos collègies d'Algérie et de Corse, actuellement mis en résidence surveillée ou rapatriés malgré eux".

Hors cadre le 30 décembre 1961, il est mis en retraite le 17 mars 1973. Préfet honoraire le 1er mai suivant, il est noté administrateur du Touring Club de France. 

Il décède le 5 mars 1980 dans les Yvelines.


Décorations

Croix de guerre 1939-1945, Yves Pérony reçoit la Légion d'honneur le 27 août 1951. Il est fait officier le 5 septembre 1959 et commandeur le 28 décembre 1961.


Sources

Arch. Nat. 19780073/19 - L'Oise Républicaine du 14 avril 1945.


POUMEROULIE Pierre Marie André

Procureur de la République de l'arrondissement de Beauvais en 1940

par Jean-Yves Bonnard


Né le 19 octobre 1906 à Limoges (Haute-Vienne), marié ét père de deux enfants en 1942, il détient une licence en droit.

Juge suppléant de la cour d'appel d'Amiens (décret dy 6 juillet 1932), il est nommé juge d'instruction de Clermont-de-l'Oise par décret du 14 janviier 1936. Nommé substitut du procureur de la République à péronne (Somme) par décret du 1er mai 1937, il devient procureur de la République à Beauvais par arrêté du 24 décembre 1940. Il est noté n'étant affilié à aucun parti politique en 1942.


Sources

AD Oise 33W8241


REBOUR Pierre Joseph

Chef de la 2e Division à la préfecture de l'Oise en 1942

par Jean-Yves Bonnard


Né le 16 octobre 1892 à Hermes (Oise), employé  la préfecture de l'Oise depuis le 24 mars 1910, il est expéditionnaire en janvier 1912 puis rédacteur en juillet 1912. Combattant de la Grande Guerre, il reçoit la Croix de guerre et la médaille des Evadés. Marié, père de deux enfants et demeurant 6 rue Diogène Maillart à Beauvais, il est élevé chevalier des palmes académiques. Le 1er juillet 1922, il devient chef de bureau et le 1er juin 1933 chef de division. Il se déclare radical-socialiste en 1942.


Sources

AD Oise 33W8241


ROUYER Marie René

Inspecteur départemental de la Santé en 1942

par Jean-Yves Bonnard, mise à jour le 31 janvier 2024


Né le 25 septembre 1893 à Beauzée-sur-Aire (Meuse), fils de Marie Pierre Rouyer et de Marie Marguerite Dallée, célibataire, ce docteur en médecine licencié en droit est titulaire du diplôme d'Hygiène de la Faculté de médecine de Paris.

Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, grand blessé (tuberculose pulmonaire avec très forte sclérose pleuro-pulmonaire, trépanation, troubles subjectifs avec céphalées et vertiges, irritablilité et dépression nerveuse...), titulaire de la médaille militaire, Croix de guerre 1914-1918, il est fait chevalier de la Légion d'honneur par décret du 30 avril 1937. Son domicile privé est celui de sa mère, à Melun, mais il habite en semaine à Beauvais, au 22 Place de la Préfecture.

Ancien élève de l'Ecole du Service de Santé Militaire, réformé pour blessures de guerre, il devient médecin inspecteur de la Santé.

Il occupe ce poste dans l'Oise depuis le 1er novembre 1933. 

Il est nommé officier de la Légion d'honneur le 21 juillet 1949 en qualité d'ancien médecin aide-major au 412e Régiment d'Infanterie, décoration qui lui est remise par son frère Jean Victor Rouyer, lieutenant-colonel en retraite. Le maire de Beauvais, Robert Sené, dit de sa moralité : " (...) rien ne peut lui être reproché, tant au point de vue National que vie privée. Homme très modeste et qui n'a jamais fait l'objet d'aucune remarque défavorable. Il est très bien considéré. N'a pas participé d'une façon active à la résistance mais son attitude est celle d'un bon français."

Il décède le 21 décembre 1966.


Sources

AD Oise 33W8241 - Base Léonore.


VACQUIER Paul

Préfet de l'Oise de 1940 à 1942

par Jean-Pierre Besse, notice créée le 20 juin 2003


Le 22 mai 1940, Paul Vacquier, préfet des Côtes-du-Nord, succède au préfet Mathieu. Il est né à Villefranche-de-Rouergue le 8 juillet 1886. Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il manifeste un maréchalisme éperdu jusqu'en 1941, comme en témoignent ses discours lors de ses tournées dans les cantons. Ses relations avec les milieux locaux de la collaboration, et en particulier avec le délégué départemental à l'Information, Jean Mainguy, sont souvent conflictuelles. On lui reproche d'avoir conservé un buste de Marianne à la préfecture et des symboles maçonniques; on lui reproche aussi sa trop grande mansuétude à l'encontre des anciens partisans du Front populaire. Le 7 novembre 1942, il est mis en congé et remplacé par Georges Malick. Admis à faire valoir ses droits à la retraite en novembre 1944, il est classé préfet hors cadre


Sources

AD Oise


VIOT Robert Auguste Louis

Directeur départemental du ravitaillement général de l'Oise

par Jean-Yves Bonnard, notice créée  le 7 décembre 2024


Né à Rocroi (Ardennes) le 15 février 1901, il obtient un baccalauréat en philosophie. Officier d'infanterie, pilote et observateur de bombardement, il est noté officier de chars puis intendant militaire. Elevé chevalier de la Légion d'honneur, nommé intendant de 2e classe par arrêté du 12 mai 1942, il est nommé directeur départemental du ravitaillement général de l'Oise.  Il déclare en 1942 n'avoir jamais appartenu à aucun parti politique.

Marié et père de six enfants, il demeure à Beauvais, 27 boulevard du Maréchal Pétain en 1942.


Sources

AD Oise 33W8241


WOILLEZ Pierre Louis Eugène

architecte départemental

par Jean-Yves Bonnard


Né le 19 mai 1878 à Beauvais, mairié et père de deux enfants, il demeure au n°28 rue de Rouen, à Beauvais.

diéplômé de l'Ecole Nationale supérieure des Beaux-Arts, il est nommé architecte en chef des bâtiments civils le 10 mars 1911, puis architecte des monuments historiques le 18 août 1915. Il est enfin nommé architecte du département de l'Oise le 30 septembre 1938.

Il est élevé chevalier puis officier d'académie, et chevalier puis officier de l'instruction publique.



Sources

AD Oise 33W8241


ZOLLIKOFFER Marcel Charles

Chef de la 3e Division à la préfecture de l'Oise

par Jean-Yves Bonnard, notice mise à jour le 20 janvier 2025


Né le 10 juin 1898 à Clermont, fils de Charles Joseph Zollikoffer et de Denise Maria Mélanie Louvet, il est mobilisé durant la Grande Guerre le 17 avril 1917 au 8e Chasseurs. Il part en renfort au 19e Bataillon de Chasseurs à pieds le 16 avril 1918. Il est nommé caporal le 26 juin 1918 puis sergent le 4 janvier 1919.

Il est cité au Bataillon le 30 octobre 1918 : "Caporal d'une bravoure ardente et d'un entrain communicatif, toujours volontaire pour les patrouilles et coups de main, s'est vaillamment conduit au cours des attaques du 28 et 30 août 1918."

Il reçoit une seconde citation à l'ordre de la division le 22 février 1919 : "Caporal d'une belle tenue et d'une ardeur constante, toujours volontaire, a fait une série de patrouilles hardies du 25 septembre au 3 octobre 1918 au cours desquelles il a entraîné ses chasseurs avec mordant. A fait preuve de ses qualités coutumières au cours des affaires du 4 et 8 novembre et après une large part obtenu au succès". Il reçoit la Croix de guerre 1914-1918 avec étoile de bronze et étoile d'argent.

Nommé sergent-fourrier le 20 février 1919 puis sergent-major le 1er septembre 1919, il sert dans les pays Rhénans à compter du 24 octobre 1919 puis est renvoyé dans ses foyers et rayé des contrôles le 30 mai 1920.

Marié le 31 janvier 1920 au Crocq à Thérèse Dupuis, il est domicilié successivement au Crocq, à Fouquenies, à Montmille et à Amiens. Il divorce le 30 mars 1939 et épouse Renée Langlois le 10 août suivant.

Noté employé de banque, il est ensuite rédacteur à la préfecture de l'Oise à partir du 12 novembre 1923. Il est enfin chef de bureau de 1ère classe.

Placé dans la réserve avec le grade d'adjudant, il est classé affecté spécial à la préfecture de l'Oise le 6 mai 1938. Il est considéré comme démobilisé  de fait à compter du 25 juin 1940 et est dégagé de toutes obligations militaires le 15 avril 1945.

Il est noté délégué dans les fonctions de chef de la 3e Division en 1943. Il est domicilié au n°31 route de Saviginies à Beauvais.

Marcel Zollikoffer décède le 1er octobre1959 à Beauvais.


Sources

AD Oise 33W8241 - RP2006 - Geneanet

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